A Verviers, actuellement, le site du Forem propose quelque 580 offres d’emploi pour plus de 15.000 chômeurs recensés dans la partie francophone de l’arrondissement ! Une réalité que plusieurs dizaines de militants de la commission des travailleurs sans emploi (TSE) et de la centrale « Jeunes » de la FGTB Verviers et Communauté germanophone ont voulu mettre en évidence, ce lundi 28 juin, en investissant le Forem de Verviers. Ils ont réclamé la signature d’une attestation individuelle indiquant qu’il n’y a pas d’emploi à leur proposer. Par ce biais, ils veulent démontrer l’absurdité de la « chasse aux chômeurs » organisée depuis 2004.
Interpellé depuis plusieurs mois par les TSE de la FGTB Verviers dans le cadre de la campagne « le capitalisme nuit gravement aux travailleurs», le directeur du Bureau régional du Forem a lui-même reconnu qu’il n’aurait pas « la prétention d’affirmer qu’il est possible de réinsérer toutes les personnes inscrites comme demandeurs d’emploi à court terme (ni même à moyen terme) et ce serait contraire à l’évidence de nier qu’il existe toujours à l’heure actuelle un déséquilibre significatif entre l’offre et la demande de travail. »
Au terme de l’action organisée ce lundi, la police a été appelée pour déloger la vingtaine de militants de la FGTB qui se trouvaient dans le bâtiment du Forem verviétois. Etait-ce bien nécessaire ? Nous ne le pensons pas, d’autant que l’intervention s’est passée sans violence et sans heurts.
Mais cette intervention illustre le recours de plus en plus fréquent aux forces de l’ordre, que ce soit par l’Onem ou par le Forem. Ce phénomène inquiétant est révélateur du climat délétère qui règne depuis l’instauration du « contrôle de la disponibilité des chômeurs » et son système de sanctions. Un organisme public en arrive à vouloir se protéger des citoyens en faisant appel à la police ! Les chômeurs déjà stigmatisés sont progressivement traités comme des délinquants simplement parce qu’ils s’opposent à la situation économique et sociale insupportable qui leur est imposée. Le cynisme qui consiste à rendre responsable du sous-emploi celles et ceux qui en sont victimes atteint ici son paroxysme.
Notons que cette action des TSE intervient au moment où la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) passe à l’offensive médiatique, en s’étonnant que 73.000 offres d’emplois restent vacantes au plus fort de la crise (voir notre communiqué de presse).
Plus d'infos: www.fgtb-verviers.be/jeunes
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