Version imprimable
-A +A

Indignados, αγανακτισμένος, indignati…

Mardi, 31 mai, 2011 - 15:55

Le vent du « Printemps arabe » a-t-il atteint l’Europe ? Tout porte à le croire… En effet, depuis le 15 mai, c’est le souffle des Indignados qui balaie la Puerta del Sol à Madrid et de nombreuses places espagnoles.

Ce mouvement citoyen, qui se veut apartisan, a pour toile de fond la crise qui frappe le monde et l’Europe depuis 2008. Qu’ils soient jeunes ou retraités, travailleurs ou chômeurs, hommes ou femmes, ces indignés dénoncent le marasme dans lequel l’Espagne est plongée. Ils en veulent aux partis traditionnels qui, sur fond d’austérité et de politiques néolibérales imposées par l’Europe, bouchent toutes les perspectives d’avenir.

L’exaspération est palpable dans le rang des Indignados. Chômage de masse, précarité sociale, affaiblissement des services publics, c’est le système capitaliste qui est particulièrement visé mais aussi les réponses néolibérales que les gouvernements, sous la coupe de l’Europe, apportent au détriment des populations.

Le souffle des Indignés traverse les frontières

« Stop ! », « Ca suffit ! », «  Nous ne nous tairons pas ! », « Résistons ! »… sont autant de slogans qui animent aujourd’hui les places européennes. Car les Indignados ont fait des émules et dépassé les frontières ibériques.

Madrid, Barcelone, Lisbonne, Lyon, Paris, Milan, Athènes mais aussi Bruxelles, Liège et Gand… Indignados se traduit désormais dans toutes les langues. Le mouvement s’organise sans leadership mais uniquement autour de débats et de discussions entre citoyens. Dans cette agora moderne, chacun a droit à la parole et peut apporter sa pierre à l’édifice du changement.

La mobilisation ne s’essouffle pas et les indignés ne comptent pas s’arrêter là… L’« Eté européen » frappe à notre porte.

La Grèce en ébullition

Depuis 2010, en Grèce, les manifestations se succèdent, comme se succèdent les plans d’austérité.

Rappelons que la Grèce, au bord de la « faillite », a fait appel à L’Europe et au Fonds monétaire international pour tenter de sortir la tête de l’eau. Mais cet appel à l’aide a un prix : le pays s’est vu imposer un plan d’économie drastique qui a pris la forme d’une austérité sans précédents.

Pourtant, le résultat est loin de celui escompté. Le pays s’enfonce chaque jour un peu plus dans la crise. 15% de la population active est au chômage et on atteint 40% de chômeurs chez les jeunes. De plus en plus d’entreprises mettent la clef sous la porte. Les fonctionnaires qui n’ont pas été licenciés ne touchent plus leur salaire.

L’Union européenne et le FMI vont aujourd’hui un cran plus loin et, pour toucher la 5ème tranche du prêt de 110 milliards consenti en mai 2010, la Grèce doit encore serrer la vis… au risque d’étouffer sa population. Un nouveau programme d’austérité est prévu avec des coupes plus sévères dans le budget de l’Etat et de nouveaux licenciements dans le  secteur public.

Les conséquences sur la population ne se feront pas attendre : plus de chômage et de précarité. Les catégories sociales les plus faibles seront une nouvelle fois en première ligne.

Une délégation de la FGTB Liège-Huy-Waremme s'est rendue à la Puerta del Sol à Madrid. Récit et impressions sur une ville qui s'indigne: ici.