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Matière crise: épisode 5

Fichiers joints :
Jeudi, 10 novembre, 2011 - 17:00

Militant syndical, Nicolas Latteur est formateur au Cepag. Il s’intéresse particulièrement aux questions relatives à l’organisation du travail sous toutes ses formes et à l’analyse de l’évolution du mode de production capitaliste. La rencontre régulière de délégués et de militants, lors des formations, alimente sa réflexion.

Dans sa contribution pour « Matière Crise », il remet en cause la dette des Etats comme outil de paupérisation du salariat au service du néolibéralisme et du système capitaliste dans son ensemble.

L’épisode 5 de Matière Crise n’est qu’une version (très) résumée du texte écrit par Nicolas en avril dernier. La version intégrale, plus développée, sera publiée dans la brochure éditée prochainement.

Contrer la grande régression

  • Une crise majeure

La crise initiée en 2007-2008 est systémique. Les principes mêmes du fonctionnement du capitalisme sont en cause. Le régime d’accumulation de ces 30 dernières années, le capitalisme néolibéral, a permis à la classe capitaliste de renforcer son pouvoir et ses revenus au détriment des classes populaires. Il génère le chaos social et de graves dégradations environnementales.

Les formes d’organisation du travail imposent de nouvelles exigences de rentabilité et rendent le travail intenable pour nombre de salariés. Le chômage augmente, la concurrence fait rage sur le marché du travail et les membres involontaires de cette gigantesque armée de réserve doivent sans arrêt démontrer leur employabilité sous peine de sanctions.

Véritable capitalisme de basse pression salariale [1], le capitalisme néolibéral, afin d’assurer l’écoulement des marchandises, compense la diminution de la consommation issue des salaires[2]  par le soutien à la consommation des très riches, l’endettement des franges assez larges du salariat et des institutions publiques (Etats, collectivités, etc.). Dans ce régime, ce qui n’a pas été concédé sous la forme d’augmentation de salaires l’est sous la forme de crédits.

Une telle logique est porteuse de la crise. Elle génère des bulles spéculatives où la valeur des titres n’a plus aucun lien avec les éventuels profits à venir. Avec l’éclatement de la bulle immobilière, la dette des ménages est devenue celle des organismes financiers. Celle-ci est ensuite devenue celle des Etats lorsqu’ils sont intervenus massivement en rachetant des actifs pourris ou en s’engageant dans le capital des banques en difficulté. Disposant de relais politiques considérables, la finance capitaliste a lutté pour reporter les effets de la crise sur d’autres acteurs, en particulier les salariés et les allocataires sociaux. La dette publique est un moyen redoutable pour parvenir à cette fin. Loin d’être liée à une avalanche de dépenses inconsidérées, la dette publique est un instrument central d’aliénation des Etats aux diktats de la finance capitaliste.

Découvrez le texte complet en cliquant ici.

 




[1] Frédéric Lordon, La crise de trop, Fayard, 2009.
[2] Voir Michel Husson, Le capitalisme toxique, octobre 2008, hussonet.free.fr