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Matière crise: épisode 6

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Vendredi, 25 novembre, 2011 - 19:48

Gianni Infanti est économiste de formation. Il travaille principalement sur les matières wallonnes et la fiscalité. Dans son texte sur la crise, il se penche plus particulièrement sur la déréglementation des marchés financiers, un des principaux facteurs de la crise de 2008. Reprenant certains constats de Frédéric Lordon, il avance ensuite certaines propositions concrètes qui pourraient être mises en place rapidement pour enrayer la machine infernale. En guise de conclusion, il dresse un constat peu reluisant des accords de Bâle III, formidable occasion manquée de réformer le système financier.

Déréglementation financière: constats et propositions (inspiré par F. Lordon)

  • L’anatomie d’une catastrophe annoncée

Nous avons trop souvent tendance à l’oublier mais la dernière crise que nous avons traversée est loin d’être un cas isolé.  En effet, sur 20 ans, l’on dénombre pas moins d’une dizaine de crises financières majeures dans le monde traduisant le caractère générique et singulier de ces dernières : elles illustrent le fantasme permanent de la finance qui est de gagner plus en risquant moins tout en révélant les tendances profondes du régime d’accumulation du capital.  La dernière en date témoigne néanmoins d’un caractère spécifique débarquant ainsi avec ses notions nouvelles : CDO, ABS, CDS, MBS…

 

Ces notions nouvelles sont le résultat de l’innovation financière (ou plutôt de la prolifération financière), véritable fléau de notre monde économique avec comme but ultime les « High Yield », ces fameux hauts rendements souhaités de tous. Malheureusement, contrairement à la théorie économique standard qui suppose que le désir d’objet s’atténue avec sa satisfaction, le désir du profit ne connaît pas de satiété.  Utilisation abusive de l’effet de levier, titrisations en cascade, hypothèses d’évolution farfelues, prises de risques inconsidérées : tous les éléments sont réunis pour conduire à une véritable catastrophe.

 

Le principe du level playing field (comprenez l’établissement de normes communes pour réaliser un espace financier commun) retenu jusqu’ici par les institutions internationales de la régulation prudentielle (les fameux accords de Bâle) nous a tout bonnement conduit dans une impasse. A force de vouloir mettre tout le monde d’accord, on en vient à prendre le plus petit dénominateur commun pour en arriver au mimimum minimorum de la régulation. Etats-Unis et Royaume-Uni en tête, les pays pro déréglementation ne « doivent plus jouer dans la même cour que nous », il faut que l’on recloisonne le marché financier mondial.  Partant de ce constat, l’Europe peut et doit adopter un degré supérieur de réglementation financière sans pour autant craindre une évasion du capital hors de ses frontières.

 

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