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Politique fédérale

La réduction collective du temps de travail (RCTT) 

La réduction collective du temps de travail, avec maintien du salaire et embauche compensatoire, est une des clés pour une meilleure répartition des richesses. En outre, elle permet de mieux concilier vies professionnelle et privée et favorise l’égalité entre les hommes et les femmes. 

Revendiquer la réduction collective du temps de travail, c’est réaffirmer le droit au plein emploi ! Pour nous, la résorption du chômage est une priorité et une RCTT ambitieuse avec embauche compensatoire, obligatoire et proportionnelle à la diminution du temps de travail est un débat que l’on ne peut éviter !

Un meilleur pouvoir d’achat

Maintenir l’amélioration du pouvoir d’achat au rang de priorité ne signifie pas que nous revendiquions le droit d’acheter et de consommer aveuglément. Nous revendiquons un pouvoir d’achat décent, lié au droit à un salaire, et un revenu de remplacement, qui permette de vivre dignement : logement correct, nourriture saine, scolarité, moyens de déplacements, vacances, loisirs…

La part de richesses redistribuée en faveur des revenus du travail ne peut s’entendre qu’en termes de salaire brut. Considérer le pouvoir d’achat des travailleurs uniquement au travers du salaire net est réducteur. En effet, le brut comprend un salaire « différé » qui sert à financer notre système de sécurité sociale efficace et accessible à tous et qui atténue les inégalités sociales. 

Les femmes gagnent moins que les hommes

À travail égal, salaire… inégal ! Aujourd’hui encore, les femmes gagnent moins que les hommes. En Belgique, dans le secteur privé, sur base du salaire mensuel brut (temps plein et temps partiel confondus), les femmes gagnent en moyenne 24% de moins que les hommes. La FGTB a fait de l’égalité salariale un de ses principaux combats !

Des services publics forts

Dans tous les domaines et tout au long de la vie, les services rendus à la population par les services publics sont un facteur de redistribution des richesses et d’amélioration de la qualité de vie. Parce qu’ils organisent la solidarité, ils ne peuvent être soumis aux règles du privé.

La spécificité du service public doit impérativement être protégée car c’est à travers lui que les pouvoirs publics assument une de leurs missions principales qui consiste à garantir une série de droits fondamentaux aux citoyens : l’accès à l’eau, à l’énergie, à l’enseignement, au logement, à l’instruction, au travail, à la culture, à la santé, aux communications, à la sécurité sociale, aux transports… Ces droits sont irréductibles et inaliénables. 

Pour la FGTB wallonne, il est indispensable que soient respectés les 4 principes fondamentaux des services publics :

  • l’égalité pour tous les usagers qui y accèdent aux mêmes conditions;
  • le principe de continuité : la fourniture d’un service public ne peut être interrompue;
  • le principe d’adaptation selon les évolutions;
  • le principe de statutarisation des agents, gage d’indépendance et de neutralité.

La fiscalité

L’impôt est également un instrument majeur de la répartition de la richesse. Les recettes fiscales financent les services publics (enseignement, formations, routes, transports en commun, culture, sécurité, soins de santé...). 

Pour nous, la justice fiscale est essentielle : chacun doit contribuer selon ses revenus. Nous voulons que l’impôt progressif soit rétabli : il faut éviter que les bas revenus soient trop taxés. Par contre, il faut davantage imposer les plus hauts revenus (en rétablissant les tranches d’imposition à 52,5% et 55%). 

Il est également essentiel que tous les revenus contribuent, pas seulement ceux du travail. Il faut :

  • Davantage taxer les revenus du capital, notamment les plus-values des actions qui ne sont pas du tout soumises à l’impôt en Belgique. 
  • Taxer plus justement les sociétés en tenant compte de la valeur « laboristique » de l’entreprise, c’est-à-dire du nombre d’emplois dans l’entreprise par rapport à son chiffre d’affaire.

Les aides aux entreprises 

Pour nous, les aides publiques aux entreprises doivent être soumises à des conditions en termes de création d’emplois, de formation continue, d’investissement effectif dans le développement de l’entreprise… 

Par ailleurs, nous exigeons la suppression du mécanisme des intérêts notionnels, cadeau fiscal qui n’a profité ni à l’investissement, ni à l’emploi et qui plus est, constitue un coût élevé pour l’Etat.

Réguler et contrôler la spéculation

Le capitalisme ne s’autorégule pas ! La crise actuelle nous montre les débordements de ce système. Il est dès lors indispensable de rétablir un Etat régulateur qui contrôle et sanctionne.

Nous réclamons :

  • La séparation stricte des activités de la banque de dépôt de celle d’affaires.
  • La limitation de la marge actionnariale autorisée, avec des méthodes comme, par exemple le SLAM, inventé par l’économiste français Frédéric Lordon, qui bloque le taux de rendement de l’action boursière à 7% grâce à un couperet fiscal.
  • La mise sous contrôle public des sociétés de clearing et les agences de notation.

Une sécurité sociale solidaire et fédérale

Sans la sécurité sociale, un Belge sur trois serait pauvre. La sécu est un des piliers de la justice sociale. C’est une forme de répartition de la richesse entre les classes sociales, un partage entre la richesse socialisée et la richesse privée. 

Le premier objectif de la sécurité sociale est d’assurer au travailleur qui perd son salaire suite au licenciement, à l’accident, à la maladie ou au départ à la retraite, un revenu proche de celui qu’il a perdu.

L’adaptation des allocations sociales à l’évolution des salaires, hors index, correspond à ce que l’on appelle le bien-être. Nous réclamons la liaison automatique et structurelle des allocations au bien-être de toutes les allocations.

Renforcer la pension légale par répartition

Le vieillissement de la population est un progrès social, pas un problème ! Le financement des pensions de retraite par la voie la plus équitable représente un réel choix politique. Là encore, c’est la répartition des richesses qui est au cœur de la polémique « répartition contre capitalisation ».

Nous réaffirmons avec force que la priorité doit être donnée à la défense et à la promotion de la pension légale par répartition. C’est le seul système capable de garantir une pension décente et solide aux travailleurs et aux travailleuses parce qu’il repose sur une redistribution solidaire de la richesse disponible et non sur le retour (escompté) d’une épargne individuelle