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AIP : qui est irresponsable ?

Pour la FEB, les syndicats sont des irresponsables.

Pourquoi ?

Parce qu’ils osent revendiquer des augmentations de salaires.

Les entreprises manqueraient de liquidité, les travailleurs et travailleuses devraient être "raisonnables", "responsables"

Pour rappel, si des actions FGTB ont lieu demain, c’est parce que :

  • Le patronat conditionne l’augmentation des pensions, des indemnités maladie ou de chômage… au blocage des salaires ! Prendre en otages les pensionné.e.s, les malades et les sans emploi, c’est tellement « responsable ».
  • Le patronat refuse que les syndicats puissent négocier des augmentations salariales de plus de 0,4% (10€ bruts/mois en moyenne) dans les secteurs qui ont amassé des profits énormes grâce aux travailleurs et travailleuses. Tellement « raisonnable », là aussi.

Pas d'argent... vraiment ?

Nos revendications n’ont pourtant rien d’irresponsables, elles sont même totalement légitimes !

  • Comme l’Union Wallonne des Entreprises le rappelle, certaines entreprises se portent très bien : « De l’argent, il y en a. Mais il faut pouvoir assurer le transfert de fonds des entreprises qui se portent bien et qui ont des stocks de capital vers celles qui ont des difficultés, mais qui étaient saines avant la crise » (LLB, 02 février 2021)
  • Selon la Banque nationale, 8.000 entreprises qui étaient en difficultés avant la crise, sont à nouveau rentables suite aux aides Corona. Même la BNB parle d’effet d’aubaine… De l’argent, il y en a, et c’est même de l’argent public, le nôtre, qui a été versé.
  • Le rapport du ERMG (BNB, Bureau du Plan, etc.) met en lumière que, pour réellement aider les entreprises, il faut relancer la demande. Or, pour relancer la demande, rien de tel qu’une augmentation des salaires et des allocations sociales…
  • En 2019, en Belgique, plus de 14.500 entreprises (près de 3.900 en Wallonie), ont distribué à leurs actionnaires des dividendes… égaux ou supérieurs à leur bénéfice ! Elles ont donc vidé leurs caisses, volontairement, en puisant dans leurs réserves, pour enrichir des actionnaires. Manque de liquidité ? Qui en est responsable ?

Pour le patronat, il serait tellement plus « raisonnable » de bloquer les salaires pour continuer à enrichir les actionnaires…

Un premier signal

Demain, nous enverrons donc un premier signal au gouvernement fédéral et aux fédérations patronales : débloquez les allocations sociales dès maintenant et fixez une marge salariale indicative. Mais ce n’est pas tout ! La FGTB revendique aussi une augmentation du salaire minimum, la prolongation des mesures de fins de carrière et une réduction collective du temps de travail pour contrer les pertes d’emplois.

La journée de demain n’est qu’une première étape. Si le patronat continue à faire la sourde oreille, les militantes et militants FGTB pourraient bien avoir envie d’aller se faire entendre auprès de quelques-unes de ces 14.500 entreprises tellement généreuses avec leurs actionnaires. Des entreprises qui ont d’ores et déjà été référencées par Afina, sur base des chiffres de la Banque nationale, et dont la liste n’attend plus qu’à pouvoir servir…