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Chasse aux chômeurs : le SNI appelle à la délation

Ce matin, les journaux du groupe Sud Presse relayaient la proposition du Syndicat Neutre des Indépendants : instaurer un système central de dénonciation des « faux demandeurs d’emploi ». Diatribe nauséabonde et culpabilisante à l’égard des sans emploi à laquelle le SNI nous a malheureusement déjà habitués. Mais cet article contenait également des raccourcis et des erreurs que nous tenons à rectifier.

Depuis plus de 10 ans, l’assurance chômage n’a cessé d’être dégradée à coup de mesures qui ont accentué la stigmatisation des chômeurs et qui ont renforcé la précarité et l’exclusion dans notre société. Aujourd’hui, le SNI propose de passer à l’étape supérieure : la criminalisation des chômeurs. En proposant un système central de délation des « faux candidats » qui feraient semblant de chercher un emploi, le SNI nous ramène des années en arrière, quand les sans emploi étaient assimilés à des éléments inadaptés socialement. On attend avec impatience la prochaine sortie du SNI qui ne devrait pas manquer de nous vanter les mérites du travail obligatoire… 

Outre le caractère profondément choquant de cette proposition, il faut également rappeler que, dans le cadre des contrôles de disponibilité, de nombreux travailleurs sans emploi sont déjà victimes de décisions arbitraires ou de situations kafkaïennes aux conséquences dramatiques : suspension des allocations ou exclusion définitive. Le système de délation préconisé par le SNI ne ferait que renforcer cette tendance. Il ouvrirait la porte à tous les abus en donnant aux employeurs le pouvoir de faire sanctionner n’importe quel demandeur d’emploi, sur un coup de tête ou par esprit de revanche, le tout sans le moindre commencement de début d’une preuve !

La FGTB wallonne tient également à amener des rectifications quant aux conclusions de l’article qui laissent sous-entendre que 197.500 chômeurs ne rechercheraient pas un emploi avec assez de zèle.

Il faut rappeler que si 47% de l’ensemble des entretiens « de recherche active d’emploi » ont été évalués négativement, cela ne veut pas dire que le chômeur ne cherche pas ou pas assez d’emploi. Cela signifie que le contrôleur ONEM estime, selon certains critères mais aussi avec une part non négligeable de subjectivité, qu’il ne cherche pas bien un emploi. Et, sur ces 47% de sans emploi évalués négativement, environ 2/3 seront par la suite évalués positivement à l’examen de leurs nouveaux efforts de recherche d’emploi dictés par l’ONEM.

On est donc très loin de l’insinuation selon laquelle un sans emploi sur deux ne serait qu’un fainéant qui cherche à fuir l’emploi à tout prix.