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Contrer l'Europe libérale... à gauche toute!

Le 27 octobre dernier, Jean-Luc Mélenchon, parlementaire européen et président du Parti de Gauche français, participait à une conférence-débat organisée par le Cepag. Au menu : réflexions sur l’Europe (ultra)libérale et sur le projet de grand « marché transatlantique » entre l’UE et les USA. A l’heure du combat des travailleurs français pour le maintien de la retraite à 60 ans, cette journée fut aussi l’occasion de montrer que les logiques politiques de droite peuvent être contrées par des choix politiques… à gauche toute !


En route vers un marché commun avec les Etats-Unis ?

Les chercheurs Ricardo Cherenti et Bruno Poncelet* ont alimenté le débat en amenant la réflexion sur le nouveau projet antisocial de l’Europe. Un projet que personne ou presque ne connaît car personne n’en parle… Main dans la main avec de puissantes multinationales, l’Union Européenne travaille à accroître la libéralisation des échanges commerciaux et financiers avec les Etats-Unis d’Amérique. Le but est simple : créer une vaste zone de libre échange, un grand « marché transatlantique » pour… 2015 !

Aurons-nous bientôt de la viande aux hormones ou des poulets à l’eau de Javel dans nos assiettes ? Les travailleurs européens seront-ils mis en concurrence avec les travailleurs américains ? Pourquoi nos données personnelles sont-elles enregistrées à notre insu et transmises aux Etats-Unis ? Comment enrayer cette machine infernale ? Les interrogations sont nombreuses…

Dans son intervention, Jean-Luc Mélenchon a fait part de sa vision des choses : la création de ce marché transatlantique est une manière d’enrôler de manière autoritaire, voire totalitaire, le monde dans la stratégie capitaliste et ultralibérale.

Remettant en cause la justification économique de ce projet, il a rappelé que, dans un contexte de financiarisation de l’économie (sur les marchés financiers, il s’échange au quotidien 168 fois la valeur produite dans le monde !), l’essentiel des richesses des Etats-Unis ne se base pas sur la production mais bien sur un capital fictif. Les USA vivent donc à crédit et la mise en place d’un marché transatlantique leur permettrait d’avoir un certain contrôle, une mainmise politique sur les échanges afin de sauvegarder leur modèle économique…

L’orientation que prend le grand marché transatlantique constitue dès lors une menace pour nos droits sociaux, nos économies et la paix elle-même. Un marché qui va non seulement reproduire mais aussi élargir et approfondir les politiques qui ont mené à la crise actuelle. 

Pour une explication globale du projet, voir: « L’Europe, une société anonyme transatlantique ? »

Pour comparer le poids des syndicats et des entreprises dans ce projet, voir : « Transatlantisme contre humanisme »


Pour connaître les enjeux antidémocratiques et savoir qui tire les ficelles de ce projet, voir :
« Multinationales et Union transatlantique » 


Temps de travail, pension, austérité…

Des contrats de travail plus précaires… Des horaires de travail de plus en plus flexibles… Un droit à la retraite reporté de plusieurs années… Et tout cela pour gagner moins car les marchés exigent de l’austérité. Pas de doute : le monde du capital met notre santé, notre vie privée et notre portefeuille à rude épreuve.

Aux côtés de Thierry Bodson, Secrétaire général de la FGTB wallonne, Jean-Luc Mélenchon a apporté son éclairage sur ces politiques de droite, insistant tout particulièrement sur une cupidité financière que la crise (qu’elle a provoquée) n’a en rien altérée.

Sur fond de conflit social des retraites en France, il a rappelé des principes essentiels de gauche : renversement du mauvais partage des richesses entre travail et capital, importance de la pension par répartition, justice fiscale, services publics forts…

Le président du Parti de Gauche a conclu cette journée en remerciant chaleureusement les travailleurs belges ayant bloqué des dépôts pétroliers pour soutenir les actions du mouvement social français.