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La grève, pourquoi ?

Ce mardi 10 octobre, de nombreux travailleurs des services publics, ainsi que des travailleurs du privé qui les soutiennent, seront en grève à l'appel de la CGSP. Comme à chaque mouvement, on entendra, sur notre droite, les mêmes arguments et insultes qui fleurent bon le mépris de classe.

Du côté des médias, on se concentrera sur les conséquences temporaires, mais néanmoins regrettables, pour les usagers. Pourtant, les grévistes n'arrêtent pas le travail pour le plaisir, ce mouvement a des origines et causes bien réelles et profondes.

La grève, le mal absolu ?

Gréviculteurs, fainéants, abrutis, carapils, sacs poubelles… Ces insultes (voire d'autres à caractère homophobe, raciste ou sexiste qu'on taira ici), ne méritent pas qu'on s'y attarde.
On remarquera juste que la grève a été annoncée plus d'un mois à l'avance, qu'elle a lieu un mardi et pas une veille ou un lendemain de week-end et qu'elle concerne l'ensemble du pays et non une seule Région… Bref, aucun des "arguments" dénigrants habituellement avancés par les "antigrèves" ne tient la route. Les masques tombent : ce ne sont pas les conditions d'exercice du droit de grève qui les gênent mais le droit de grève lui-même !

On leur rappellera juste que le droit de grève, garanti par la Déclaration universelle des droits de l'Homme, est à l'origine d'avancées sociales dont ils profitent tous les jours : droit de vote, congés payés, services publics, libertés fondamentales, sécurité sociale, allocations familiales… A moins qu'ils ne considèrent qu'il ne s'agit que de broutilles inutiles dont ils pourraient aisément se passer ?

Des conséquences négatives… mais heureusement temporaires !

Services publics fermés, accès restreints, désagréments, retards… Les conséquences directes d'un mouvement de grève pour les usagers sont évidemment désagréables. Mais ces désagréments sont heureusement temporaires. A l'inverse, si on ne réagit pas, les dégâts de la politique austéritaire du gouvernement Michel seront irrémédiables : restrictions budgétaires aux conséquences désastreuses (un exemple concret parmi d'autres est à écouter sur le site de la RTBF), menaces de privatisation, attaques contre les conditions de travail des agents et leurs libertés fondamentales… Le démantèlement des services est en marche !

Paradoxalement, c'est quand les travailleurs des services publics sont en grève qu'apparaît plus que jamais leur importance pour la population. La journée de mardi donne en effet un aperçu de la société de demain si on laisse les politiques de droite à l'œuvre. Car les services publics, ce n'est pas seulement l'affaire de celles et ceux qui y travaillent mais bien des personnes qui en bénéficient au quotidien, c'est-à-dire… nous tous ! C'est un modèle de société, basé sur des services publics de qualité, accessibles et qui échappent à la logique du profit du secteur privé, que les grévistes défendront ce mardi en perdant une journée de salaire.

Pas d'autre choix

Face à cette situation et aux menaces sociales et sociétales de ces politiques d'austérité, les travailleurs des services publics ne peuvent que se mobiliser. Et, pour cela, ils utilisent leur arme ultime : la grève !

Une grève menée par celles et ceux qui, au quotidien, rendent service au public : enseignants, cheminots et conducteurs, facteurs, pompiers, policiers, travailleuses et travailleurs du secteur médical, de l'accueil de l'enfance, de la culture, des maisons de repos, etc.

Une grève nécessaire pour défendre un service maximum dans des services publics de qualité et accessibles à tous les citoyens, de bonnes conditions de travail pour les agents et un modèle basé sur le dialogue social.

Une grève certes désagréable à vivre mais qui n'est rien face aux menaces qui pèsent sur notre modèle social.