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Matière crise: épisode 2

Anne Tricot est conseillère à la FGTB wallonne où elle est en charge des matières sociales (accueil de l’enfance, sécurité sociale et politiques sociales régionales). Dans son texte « A propos de la crise », elle élargit son champ d’analyse aux secteurs économiques et financiers pour nous donner son analyse des événements qui secouent le monde depuis 2008. Mais elle remonte aussi le temps pour se pencher sur les origines de la crise aux Etats-Unis et en Europe.

Dans ce texte, pourtant rédigé en mai dernier, elle aborde déjà également la crise « des dettes souveraines » et leurs conséquences désastreuses pour les travailleurs du monde entier.En guise de conclusion, elle nous fait part de ses réflexions personnelles quant à l’avenir du système économique mondial. Elle aborde les stratégies à développer pour construire un réel rapport de force face au capitalisme et aboutir à la mise en place de mesures concrètes pour sortir de l’impasse.

A propos de la crise...

Les 3 années écoulées depuis la faillite des banques américaines ont démontré à souhait que nous sommes bien dans une crise structurelle du capitalisme, qu’on tend à faire payer par le monde du travail.

L’approfondissement des inégalités sociales, le recul de la part des salaires dans la distribution des richesses et le développement de la consommation à crédit sont à l’origine de la crise financière. Et pas, comme certains tentent encore de le faire croire, le comportement malhonnête et irresponsable de quelques acteurs financiers.

L’appauvrissement de la classe moyenne aux USA, assorti d’une autorisation de recours massif à l'endettement à bas taux progressif pour doper le secteur de la construction et de l’immobilier fut l’élément déclencheur. Le modèle reposait sur un remboursement des prêts par l’éventuelle revente des immeubles sur un marché en hausse. La crise est apparue quand le marché immobilier s’est effondré.

Le crédit est nécessaire au capitalisme pour soutenir l’investissement et la consommation. Mais, en l’absence de régulation, l’accaparement du profit financier des montages basés sur l'endettement par une poignée d'initiés a finalement provoqué une crise financière.

Les défaillances du système ont été sciemment ignorées, en raison de l’adhésion générale au mythe de l’autorégulation.

L’élimination de la séparation entre le système de paiement et le système spéculatif a créé une situation explosive. Née de pratiques incontrôlées des banques aux USA, la crise financière s’est transformée en crise généralisée du financement public.

Suite aux imprudences de leurs organismes bancaires vis-à-vis de produits structurés dangereux, les Etats européens sont intervenus au départ des budgets publics, s’enfonçant dans l’endettement pour sauver leurs banques, sans rien exiger en échange.

La crise est devenue alors une crise souveraine touchant les différents Etats de la zone Euro.

La volonté commune de réguler le secteur bancaire pour éviter de futurs accidents, apparue à l’occasion de la crise financière, s’est rapidement délitée.

La thèse dominante selon laquelle c’est en libérant les marchés de toute entrave qu’on peut atteindre le maximum de rationalité a retrouvé ses marques.

L’objectif poursuivi reste clairement sauver le système, pas le changer !

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Fichiers joints :
Icône PDF matiere_crise_2.pdf