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Menteurs !

Ravalant leurs promesses électorales[1]les quatre partis de la nouvelle majorité fédérale veulent porter l’âge de la pension à 67 ans. Une mesure, parmi d'autres, que la FGTB se prépare à combattre dès le 6 novembre dans le cadre d'un plan d'actions décidé en front commun. Car les mesures décidées par le gouvernement entraîneront une véritable casse sociale que la droite tente de dissimuler derrière une vaste opération de désinformation.

L’augmentation de l’âge de départ à la pension a fortement marqué les esprits. Tout d’abord parce qu’elle touchera l’ensemble du monde du travail et entraînera des conséquences désastreuses sur les plans socio-économiques et de la santé publique. Mais aussi parce qu’il s’agit d’une trahison sans précédent des partis de la majorité qui, tous, renient leurs engagements faits aux électeurs. Aussi inacceptable que soit cette proposition, elle ne doit cependant pas faire oublier les  autres mesures qui, si elles devaient être appliquées, nous prépareraient un avenir des plus sombres.

La droite entend bien faire payer la crise aux travailleurs… Tout en prétendant faire leur bonheur !

Charles Michel annonce que son gouvernement veut augmenter le « pouvoir d’achat des travailleurs » et tendre la main à « ceux qui veulent se retrousser les manches ». Mais les éventuels effets bénéfiques des quelques réformes fiscales annoncées seront vite réduits à néant face aux nombreuses attaques prévues contre le monde du travail : saut d’index, restrictions dans les services publics, augmentation des accises, mise au travail forcé des demandeurs d’emploi, augmentation de l’âge légal de la pension (et aussi de la pension ancipitée), diminution du budget des soins de santé, restrictions des conditions d’accès à la prépension (y compris pour les métiers lourds et les entreprises en difficulté), flexibilisation renforcée du marché du travail…

  

On tente de nous rassurer en affirmant que ces mesures seront « socialement corrigées ». Dans le malheur qu’on veut nous imposer, il faut évidemment se réjouir que les plus démunis soient – en partie – épargnés. Mais l'immense majorité des travailleurs seront concernés ! Il faut également remarquer, par là, l’achèvement d’une logique où notre société basée sur l’assurance sociale se transforme en une société d’assistance.

De leur côté, les entreprises se verront offrir de nouveaux cadeaux fiscaux sans avoir à donner aucune garantie en terme de création - ni même de maintien - d’emplois. La FEB ne s’est d’ailleurs pas privée de se féliciter publiquement d'un « accord de gouvernement ambitieux ». Pourtant, depuis plus de 20 ans, les chèques en blanc offerts au patronat se sont multipliés… et ont déjà prouvé leur inefficacité !

A la lecture de l'accord de gouvernement, on ne peut donc que constater le déséquilibre criant entre diminution des dépenses publiques et augmentations de recettes. Et, dans l’effort que l’on voudrait nous imposer, la répartition entre la part exigée aux travailleurs et celle demandée aux entreprises est profondément injuste.

Autant de raisons qui poussent la FGTB à se mobiliser en front commun dès le 6 novembre prochain. Une date qui sera la première d'un plan d'actions comprenant d'ores et déjà plusieurs dates de mobilisations.


[1] Les programmes des 4 partis de la nouvelle majorité fédérale concernant les pensions :

- Programme du MR (page 278)

- Programme du CD&V (page 97)

- Programme de la N-VA (page 12)

- Programme de l'Open-VLD (page 12)