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Photovoltaïque : 242 millions € pour les prosumers, qui dit mieux ?

Un nouvel accord est intervenu au sein du gouvernement wallon dans le dossier du tarif « prosumer » (contraction, en anglais, des mots producteur et consommateur) pour les propriétaires de panneaux photovoltaïques.

Facture pour la population wallonne ?

242 millions € !

Des mesures avaient déjà été décidées début mai dans ce dossier : l’octroi de primes aux prosumers investissant dans des équipements de domotique favorisant l’autoconsommation, l’installation d’un compteur bi-directionnel subventionné par le gouvernement et une compensation financière octroyée aux propriétaires de panneaux suite à l’entrée en vigueur du tarif prosumer. Le récent accord les précise. Pour 2020 et 2021, un soutien pour l’électricité non autoconsommée par les prosumers, qui couvrira 100% de leur redevance. Pour 2022 et 2023, ce soutien sera réduit à 54,27% afin de favoriser l’autoconsommation et, au-delà de 2023, une nouvelle période tarifaire démarrera et plus aucun soutien ne sera proposé.

« Petite » erreur de calcul

Au moment de rédiger l’accord, les partenaires du Gouvernement se sont rendus compte qu’ils avaient « oublié » de prendre en compte la TVA de 21% sur les tarifs de distribution, ce qui gonfle l’enveloppe à 242 millions d’Euros.

Le coût de ces mesures sera supporté par le budget régional… Et donc l’ensemble des citoyennes et citoyens wallons ! Il est inacceptable que 242 millions € plombent encore davantage le budget régional pour financer des mesures inutiles et socialement régressives au profit de 165.000 prosumers. Le tout dans un contexte de crise liée au Covid-19 et à son impact sur les finances publiques. En outre, l’argument présenté par le ministre visant à donner aux prosumers le temps de s’adapter est pour le moins surprenant sachant que, même en intégrant le tarif prosumer, une installation de panneaux photovoltaïques est rentabilisée en 8 ans (au lieu de 5 ans en l’absence de tarif prosumer).

Ces 242 millions seront-ils suffisants ? Nul ne le sait car il est difficile de prévoir l’utilisation qui sera faite du réseau par les prosumers, celle-ci dépendant de leur autoconsommation et de leur production, deux données aléatoires (ensoleillement…). Sans compter le fait que de nouveaux ménages vont s’équiper…

Des politiques à revoir de toute urgence

Cette mesure est pour le moins scandaleuse quand on sait que, le 30 juin dernier, des milliers de ménages utilisateurs de compteurs à budget ont été privés d’électricité en raison de la gestion du système pendant la crise sanitaire. Rappelons que ces compteurs permettent avant tout aux fournisseurs de s’assurer du payement de leurs factures et coûtent 40 millions € par an à la collectivité.

De plus, certains craignent que le gouvernement fasse des économies au niveau des subventions au monde associatif et à des organismes comme le RWADE (Réseau wallon pour l'accès durable à l'énergie), qui ont prouvé leur utilité et leur efficacité dans le domaine d’accès durable à l’énergie.

Rappelons enfin que la plupart des citoyennes et citoyens n’ont pas les moyens d’investir dans des panneaux photovoltaïques ou de s’équiper en domotique. En matière de transition énergétique, l’amélioration de l’efficacité énergétique du parc de logement devrait rester la priorité, tant sur le plan social qu’environnemental.