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Chômage : 2/3 des exclusions en Wallonie... et 2/3 de femmes !

Ca y est, ils sont «tombés»… Les chiffres officiels des exclusions ont été rendus publics par l’ONEM. 18.432 allocataires d'insertion ont été exclus en janvier. Si l’on ajoute à ce nombre les près de 1.500 exclus «opportunément» par l’ONEM en décembre 2014 pour «incapacité de gain» (situation de handicap), on arrive malheureusement bien au chiffre de 20.000 personnes concernées. Comme nous l’annoncions aussi, deux tiers des exclus sont des excluEs et la Wallonie est la région la plus touchée (66,5 % des exclusions).  

Ces premières données chiffrées nous donnent – malheureusement ! – raison : 30.000 personnes seront bien exclues en 2015. Car les exclusions massives du mois de janvier ne sont pas une opération « one-shot ». Les exclusions vont continuer à s’enchaîner, jour après jour, mois après mois, année après année…

 

Bienvenue en Absurdie !


Les chiffres officiels parus aujourd’hui démontrent parfaitement l’absurdité de la mesure. Un exemple ?  66,5% des exclus de janvier sont des Wallons. Dans une Région marquée par le chômage de masse, où les offres d’emploi se font rares, les politiques répressives contre les sans emploi sont non seulement injustes mais aussi totalement inefficaces. Elles n’ont jamais créé un seul emploi !

Le cataclysme social que cette mesure entraîne se double d’un afflux massif de citoyens vers les CPAS. Et le phénomène ne s’arrêtera pas là puisque, au fil des mois et des années, de nouveaux sans emploi se retouveront en fin de droits...

Aujourd’hui, la prise de conscience est générale. Tout le monde, ou presque, reconnaît l’absurdité de la mesure et réclame son abrogation. Pourtant, le gouvernement de Charles Michel reste sourd.

Pire, il a introduit de nouvelles mesures qui restreignent l’admissibilité aux allocations d’insertion[1] et pénaliseront 10.000 jeunes par an ! Autant de jeunes qui retrouveront eux aussi sans revenus et devront faire appel à la solidarité familiale ou au CPAS.

Toutes ces mesures ont été décidées sans la moindre idée de leurs conséquences. On va précipiter des milliers de familles dans la pauvreté, renforcer l’exclusion sociale et ses conséquences (économie parallèle, délinquance, isolement…), mettre des communes en faillite…

Bref, appauvrir toute une frange de la population afin de forcer les sans emploi à accepter n’importe quel petit job, aux pires conditions de travail et de salaire. Au final, c’est tout le marché de l’emploi qui va se précariser et se flexibiliser. C’est pour cela que le combat pour une Sécurité sociale forte concerne tous les travailleurs, avec ou sans emploi !




[1] Dorénavant, les jeunes de moins de 21 ans devront avoir réussi et non plus terminé leurs études. Et il faudra également introduire sa demande avant l’âge de 25 ans, c’est-à-dire avoir terminé ses études avant l’âge de 24 ans, sinon on n’aura jamais accès au système.