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Disponibilité des prépensionnés : quelles conséquences concrètes ?

Les travailleurs en RCC (régime de chômage avec complément d’entreprise, ex-prépension) âgés de moins de 60 ans viennent d’apprendre une très mauvaise nouvelle. Contrairement à ce qui leur avait été promis lors de leur départ, ils doivent, depuis le 1er janvier, rechercher activement un emploi. Cette mesure rétroactive aura de graves conséquences tant pour les personnes concernées que pour l’ensemble des travailleurs.

 

Concrètement, cela signifie que ces prépensionnés doivent s’inscrire au FOREM, répondre aux convocations, offres d’emploi et de formation, rechercher activement un emploi et être soumis aux contrôles de disponibilité. Après ces contrôles, si leurs efforts de recherche d’emploi sont jugés insuffisants, ils seront tout simplement exclus du chômage et perdront leur allocation de prépension.

Rappelons tout d’abord que certains de ces travailleurs avaient fait le choix de renoncer à une prime de licenciement pour bénéficier d’un départ en douceur et éviter, après une longue carrière, le chômage et ses obligations de recherche d’emploi. Aujourd’hui, les responsables politiques reviennent tout simplement sur l’accord conclu en légalisant rétroactivement. Un procédé qui ne laisse plus aucun choix aux personnes concernées  et qui est malheureusement caractéristique d’un gouvernement qui nous a habitués à tous les mensonges et dédits.

Ajoutons que la plupart de ces travailleurs ont acquis de nombreuses qualifications durant leur longue carrière. Depuis début janvier, certains d’entre eux sont donc déjà contactés par le FOREM. On leur « propose » des emplois aux conditions de travail et de rémunération bien inférieures à celles qu’ils connaissaient auparavant. Si l’on ajoute à cela la détérioration de la notion légale d’emploi convenable, cela signifie que ces personnes vont devoir accepter un emploi moins bien payé, dans de moins bonnes conditions et situé jusqu’à 60 km de chez eux, même si la durée totale des déplacements dépasse 4 h par jour ! S’ils refusent, ils se verront exclus et perdront leur allocation de RCC.

Une précarisation généralisée du marché de l'emploi

 

Pas besoin d’être devin pour imaginer les conséquences à moyen et long terme sur le marché de l’emploi. Les conditions de travail et de salaire de l’ensemble des travailleurs vont être tirées par le bas par ce nouvel afflux de travailleurs sommés d’accepter n’importe quel emploi précaire au risque de perdre leur allocation.

Ces emplois auraient pourtant pu être proposés aux dizaines de milliers de jeunes chômeurs exclus ou menacés par la limitation dans le temps des allocations d’insertion et la multiplication des contrôles et sanctions !

La fin programmée des prépensions

 

On l’aura compris, l’ensemble de ces mesures va conduire à une extinction de fait du régime de chômage avec complément d’entreprise. Face aux obligations et aux risques de sanctions, quel travailleur, confronté à un licenciement, va encore prendre le risque d’opter pour une prépension ?

Une mesure qui a déjà fait bondir – et réagir ! - les militants carolos mais aussi la Centrale générale ou le SETCa.

Affaire à suivre…