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LES MOTS D'ACTU #3 : Humeur peau de pêche

Une revue de presse caféinée de Jean-François Tamellini, Secrétaire général de la FGTB wallonne.

En lisant la presse ce matin, juste avant ma première visio, chemise et p’tit col V dans le champ de la caméra, vieux pantalon de training et clapettes hors champ, je suis tombé sur une interview du patron des indépendants wallons dans Trends… Le titre me parlait vachement : « La mentalité wallonne change… mais pas assez vite ».

Une avalanche de clichés

Il ne me fallut malheureusement pas plus de deux phrases pour déchanter… Parce que pour le patron de l’UCM, la Wallonie, c’est une bande de chômeurs en training !

Quelques phrases plus loin, tirant nerveusement sur les poches de mon vieux peau de pêche, deuxième crochet patronal… la faute aux syndicats ! Puis l’avalanche de clichés miteux : perfusion, drogue de subsides, tradition familiale de fainéants… tout y passait ! Ce qui ne change pas en tous cas, c’est le mépris patronal, aucun doute là-dessus.

Un changement de mentalité

Redresser la Wallonie passera inévitablement par un changement de mentalité… J’en suis convaincu !

En arrêtant par exemple de toujours taper sur les mêmes sans se demander pourquoi certains ne parviennent pas à se relever.

En admettant que si les vieilles recettes dégueulasses du bâton, qui ont exclu plus de 50.000 chômeuses et chômeurs en Wallonie, n’ont pas résolu le problème des pénuries d’emploi, c’est que le problème se situe probablement ailleurs.

En ouvrant les yeux sur ces centaines de millions € d’aides publiques à l’emploi… qui ne contribuent nullement à créer des emplois.

En osant affirmer que les banques qui se financent à 0% ou à des taux négatifs, pour se sucrer sur la dette wallonne, en prenant au passage pour certaines de jolies commissions dans des montages CUM-CUM, doivent payer leur dû.

En acceptant d’enfin lutter en faveur d’une réelle justice fiscale, qui soulagera les travailleurs et les indépendants, en faisant simplement contribuer un peu plus ceux qui abusent réellement du système. Zéro € d’impôt lorsqu’on réalise des millions € de plus-value boursière (alimentés par des subsides publics), c’est là que se trouve la réelle injustice !

Travailler ensemble

Lorsqu’il a fallu trouver des solutions pour permettre aux indépendants de ne pas couler, les syndicats ont défendu le droit passerelle. Pas question de perfusion, juste une question de solidarité ! Les méchants syndicats ont même défendu le fait que les indépendants ne payent pas d’impôt sur ces aides. Pas un mot du patron de l’UCM par contre lorsque les travailleuses et travailleurs se sont fait taxer sur le chômage temporaire… Les injustices, c’est connu, ça dérange moins quand ça arrive aux autres.

Vouloir réellement redresser la Wallonie, c’est travailler ensemble pour que les retombées du plan de relance wallon, 7,6 milliards €, profitent à la Wallonie, sans tomber dans l’escarcelle d’entreprises situées partout, sauf en Wallonie. En contribuant à inverser les courbes de pauvreté, en captant l’activité économique pour les entreprises, les travailleuses et travailleurs wallons, et en respectant nos enjeux climatiques. Le plan de relance déposé par le gouvernement wallon manque de liant. Les interlocuteurs sociaux doivent peser pour le rendre plus structurant, plus cohérent, en boostant ses effets multiplicateurs !
Ce n’est pas en se faisant insulter qu’on y arrivera.

Rééquilibrer la redistribution des richesses pour relever la Wallonie sur le plan social, économique et environnemental, la FGTB Wallonne s’y attelle chaque jour. Avis aux amateurs… en training ou en cravate.