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Note du formateur:

La nouvelle loi spéciale de financement organise les budgets dont peuvent disposer les Régions pour les compétences transférées et pour les compétences qui sont déjà les leurs selon deux règles différentes. Toutes les deux sont fortement basées sur la capacité fiscale des Régions. Dans les deux cas, il est prévu un mécanisme de solidarité (dont on ignore encore la durée) mais qui ne sera pas indexé. Selon nos estimations, cette situation mènerait à terme à une perte de 200 millions pour la Région wallonne.

La note du formateur ne dit rien de la participation à l’effort d’assainissement des finances publiques belges. Sur base des déclarations faites au cours de ces dernières semaines, il apparaît que les entités fédérées se verraient transférer de nouvelles compétences mais avec seulement 90% du budget aujourd’hui nécessaire pour les assumer. Nous avons chiffré la perte engendrée à environ 200 autres millions d’euros.

L’austérité va rapidement prendre des aspects concrets et pèsera lourd sur les CPAS, les transports, les crèches, les infrastructures scolaires et extrascolaires, les maisons de repos et de soins…

Par ailleurs, nous regrettons que des matières liées à la sécurité sociale sortent du giron fédéral mais, si cette décision devait être prise, nous pensons que la Région est le niveau de pouvoir le mieux organisé et le plus pertinent pour les assumer, compte tenu des compétences qui sont déjà les siennes. Cela évitera les difficiles négociations entre francophones qui devront avoir lieu si les compétences sont communautarisées.

Les mesures drastiques sur la dégressivité des allocations de chômage toucheront davantage les Wallons puisque les demandeurs d’emploi de longue durée[1]sont plus nombreux en Wallonie que dans les autres Régions. L’extension du contrôle de la disponibilité aux chômeurs de 58 ans va également frapper davantage la Wallonie car les chiffres récents montrent que le contrôle sanctionne plus au Sud du pays qu’à Bruxelles ou en Flandre. Il n’y a pas de quoi se réjouir du bulletin de sanctions ! Car, derrière les chiffres, c’est une véritable exclusion sociale qui s’opère.

Enfin, les mesures de régression sociale sont extrêmement précises et ne tarderont pas à prendre cours si un gouvernement voit le jour. A contrario, les égratignures annoncées envers le capital restent vagues et largement insuffisantes. Nous concédons que quelques tabous de la droite ont été levés grâce à cette note mais le déséquilibre avec les mesures infligées au monde du travail est tel que nous ne pouvons la considérer comme un point de départ acceptable. La FGTB wallonne s’inscrit pleinement dans la position du front commun syndical au niveau fédéral en considérant que la paix sociale est sérieusement menacée.


[1]  Important : demandeurs d’emploi de longue durée (entendez depuis au moins 2 ans) ne signifie pas que la personne est restée inactive pendant deux ans. Des missions d’intérim, un travail à temps partiel ou même à temps plein pendant de trop courtes périodes ne suffisent pas à effacer le statut de chômeur dans les statistiques. Un non-sens.