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Plan Cigogne III : la FGTB wallonne et les FPS invitent le ministre Nollet à plus d’ambition !

Ce jeudi, le ministre de l’Enfance, Jean-Marc Nollet, présente le Plan Cigogne, troisième du nom, au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. 

Son objectif : créer 16.000 nouvelles places d’accueil pour les enfants de 0-3 ans d’ici 2022 (soit 1.600 places par an), c’est-à-dire 13.000 en milieux subventionnés et 3.000 en milieux non subventionnés.

La FGTB wallonne et les Femmes prévoyantes socialistes estiment que ces 16.000 places ne suffiront pas à combler le manque de places d’accueil actuel en Fédération Wallonie-Bruxelles[1]. Sans oublier l’augmentation des naissances plus rapide que celle de l’offre de places d’accueil prévue (surtout à Bruxelles).

Les besoins estimés sur lesquels se base la proposition du ministre Nollet sont sous-évalués. Une étude récente de la Ligue des familles le confirme : il faudrait viser la création de 40.000 places à l’horizon 2022 (soit 4.000 places par an) pour rencontrer les besoins des parents.

De plus, la proposition néglige le fait qu’une part significative de l’offre relève de l’initiative privée non subventionnée, financièrement inaccessible pour de nombreux parents.

Une situation qui risque encore de s’aggraver

Par ailleurs, la FGTB wallonne et les Femmes prévoyantes socialistes attirent l’attention sur le risque tangible de voir disparaître des places existantes, tant dans l’offre privée que subventionnée :

  • En ce qui concerne les crèches subventionnées, la part du coût de l’emploi d’encadrement (c’est-à-dire les puéricultrices) restant à charge des pouvoirs organisateurs, après intervention de l’ONE, a fortement augmenté au fil du temps. Les crèches de moins en moins subventionnées sont de plus en plus fragilisées…
  • Les crèches privées non subsidiées appliquent des tarifs certes prohibitifs pour une grande partie des parents mais qui s’avèrent pourtant insuffisants pour maintenir la tête hors de l’eau. Sans compter que de plus en plus de parents se retrouvent en défaut de paiement. Certaines crèches sont contraintes de mettre la clé sous le paillasson.
  • Les accueillantes à domicile - toujours en attente d’un statut complet de travailleuses salariées - sont de plus en plus difficiles à recruter. Le remplacement des accueillantes en fin de carrière n’est même plus assuré.

Face à cette situation préoccupante, les 16.000 places d’accueil prévues par le Plan Cigogne III ne seront pas suffisantes. C’est une évidence !

La FGTB wallonne et les Femmes prévoyantes socialistes demandent la programmation et le financement par les pouvoirs publics d’une offre cohérente d’accueil de la petite enfance (mais aussi d’accueil extrascolaire et de garde d’enfants malades) afin qu’elle réponde, enfin, aux réels besoins des parents, en particulier des parents les plus précarisés sur le marché de l’emploi. Les milieux d’accueil sont un service essentiel pour l’égalité et la justice sociale. Il y a urgence !

Pour en savoir plus sur nos positions : www.jeveuxuneplace.be




[1]  En 2010, le taux de couverture pour les 0 - 2,5 ans était de 27,7% en Fédération Wallonie-Bruxelles (rapport d’activités 2010 de l’Office de la naissance et de l’enfance). On est loin du - modeste - objectif européen de 33% de couverture pour tous les Etats-membres en 2010.