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Projet d’AIP 2021

Avant-hier, un projet d'accord interprofessionnel a été conclu entre représentants syndicaux et patronaux.

Ce projet va maintenant être soumis à l’avis de nos militantes et militants.

La FGTB wallonne remercie les négociateurs Miranda Ulens et Thierry Bodson ainsi que les équipes de la FGTB fédérale pour le travail de négociation et de suivi des dossiers.

Les instances de la FGTB se prononceront le 22 juin prochain.

La grille d'analyse doit être celle de la justice sociale et de la solidarité : solidarité entre travailleur.euse.s, solidarité via la sécurité sociale et les services publics. On examinera évidemment aussi l’équilibre entre ce qui a été acquis pour le monde du travail et ce que le patronat a récolté.

Les principaux points à analyser seront :

  • Salaire minimum

Depuis des années, la FGTB se bat avec Fight for 14 pour l’augmentation du salaire minimum. Grâce à ce combat, le salaire minimum est aujourd’hui enfin reconnu comme un enjeu politique majeur et le projet d’AIP prévoit qu’il soit augmenté, par étapes, jusqu’à 150€ net/mois à l’horizon 2028.

Sauf que… « petit » bémol : les augmentations prévues seraient supportées en grande partie par la collectivité (réductions fiscales et sociales) et non par les employeurs. Ce sont donc la sécurité sociale et les services publics qui pourraient en faire les frais et devraient faire des économies. Au final, les premières victimes de ces mesures ne risqueraient-elles pas d’être les plus fragiles : pensionnés, malades, sans emploi ou encore… bas salaires ?

  • Flexibilité / heure sup’

En échange de l’augmentation du salaire minimum, les employeurs ont exigé un accroissement de la flexibilité. Les secteurs dit essentiels étaient déjà concernés par un quota de 120 heures supplémentaires sans récupération, sursalaire ni encadrement syndical et… exonérées de contributions sociales et fiscales. Le projet d’AIP prévoit que cette mesure soit étendue à tous les secteurs jusque fin 2022 !

On peut s’interroger sur le sens de cette mesure à l’heure où des centaines de milliers de sans emploi et de jeunes précaires restent sur le carreau et où des centaines de milliers de travailleurs à temps partiel (dont une immense majorité de travailleuSEs) n’attendent qu’une chose : passer à temps plein ! Plutôt que de créer de l’emploi, le patronat n’envisagerait-il pas plutôt de mettre la pression sur les salarié.e.s en place ?

  • Fins de carrière

L’âge de condition d’accès aux RCC (ex-prépensions) serait augmenté d’un an, passant de 59 à 60 ans pour les métiers lourds, les carrières longues et les entreprises en difficulté. La durée de carrière nécessaire resterait néanmoins inchangée. Maintenir plus longtemps les aîné.e.s au travail, est-ce vraiment la meilleure piste pour créer de l’emploi ?

Les crédits temps « fins de carrière » seraient préservés et la formule à mi-temps serait accessible à partir de 55 ans. Mais on s’interroge sur les conséquences pour le montant de la pension : ces périodes seront-elles pleinement assimilées ?

  • Pensions complémentaires

Jusqu’ici, la loi de 96 empêchait que l’harmonisation des régimes de 2ème pilier ouvriers / employés ne se fasse au détriment des salaires. Le projet d’AIP changerait profondément la donne puisque minimum 0,1 point de % de la marge salariale y serait affecté. Ce serait donc ici aussi aux travailleurs et travailleuses à payer la facture ?

Par contre, on peut s’interroger sur un grand absent du projet, l’autre objectif mentionné dans la loi de 96 : la réduction de l’écart salarial entre femmes et hommes.

C’est en répondant à toutes ces questions que les instances de la FGTB devront évaluer, examiner et se décider sur le prix de la paix sociale…