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Rentrée politique : nos priorités contre l’austérité

Ce  jeudi  12 septembre, dans le cadre des Fêtes de Wallonie, la FGTB wallonne a fait sa rentrée. L’occasion pour Thierry Bodson, Secrétaire général, de rappeler nos priorités tant au niveau fédéral que régional dans une actualité marquée par la crise, l’austérité mais aussi l’horizon des élections de 2014.

Face à la vague austéritaire qui déferle sur l’Europe et notre pays, il est temps de réagir. Tout le monde ou presque s’accorde maintenant à reconnaître qu’elle nous mène droit dans le mur. La réduction des dépenses publiques n’est plus tenable socialement et économiquement, un changement de cap radical s’impose.

Au niveau fédéral…

Cela passe, entre autres, par une véritable réforme fiscale structurelle qui rende l’impôt plus efficace, plus juste et plus progressif. Et il ne s’agit pas de simples formules toutes faites. La FGTB wallonne a des mesures très concrètes pour y parvenir : globalisation des revenus, multiplication des tranches d’imposition, relèvement de la quotité exemptée d’impôt et réinstauration des deux dernières tranches (52,5 et 55%) sur les plus hauts revenus supprimées par Didier Reynders.

Au niveau de l’impôt de sociétés, aussi, une réforme structurelle s’impose. La FGTB wallonne répète depuis 5 ans que les intérêts notionnels sont une erreur, un dérapage budgétaire incontrôlable. Aujourd’hui, même leur concepteur, Bruno Colmant, le reconnaît. Ils doivent être supprimés et remplacés par des avantages fiscaux réservés aux entreprises créatrices d’emplois et/ou réalisant de réels investissements en matière de formation des travailleurs, de recherche et développement…

La FGTB réagira avec force si l’on tente de s’attaquer à loi de 96 (dite de sauvegarde de la compétitivité). Le blocage des salaires est inadmissible ! Enfin, nous continuons à nous opposer fermement à la chasse aux chômeurs. A la dégressivité accrue des allocations, mise en œuvre il y a un plusieurs mois, va venir s’ajouter l’exclusion massive des allocataires d’insertion.

La FGTB wallonne a lancé le funeste compte à rebours. Dans exactement 475 jours, plus de 30.000 sans emploi seront exclus du chômage, dont 25.000 Wallons !

Au niveau wallon…

Ces exclusions massives ne seront évidemment pas sans conséquences pour les communes wallonnes qui verront affluer dans leur CPAS ces milliers de demandeurs d’emploi privés d’allocations. Ce phénomène viendra encore aggraver leur situation financière déjà mise à mal par l’augmentation des tâches administratives et missions diverses. La FGTB wallonne revendique également la mise sur pied d'un système de solidarité entre les communes wallonnes. Car la situation actuelle ne fait qu'accroître le fossé entre communes riches et pauvres.

Et ce n’est pas le TSCG, le fameux Pacte budgétaire européen, qui viendra arranger les choses… Depuis des mois, associations et syndicats se battent pour être entendus face à un monde politique qui fait tout pour étouffer le débat. Si le texte a été voté en catimini dans presque toutes les Chambres du pays, les syndicats wallons ont reçu la promesse d’être entendus au Parlement régional. Nous n’accepterons pas que cette promesse reste sans lendemain ! Et nous continuerons d'alerter opinion publique, médias et monde politique des conséquences funestes de ce texte qui instaurerait une austérité sans fin dans notre pays.

Sur le front de la dette publique, la FGTB wallonne restera également mobilisée. Face à l’ampleur des enjeux, une campagne a été mise sur pied avec le CEPAG, la CADTM et la FGTB Bruxelles. A tous les niveaux, des comités citoyens se sont mis sur pied et des audits menés afin de déterminer les parts illégitimes des dettes publiques. Les conclusions qui en seront tirées seront reprises dans notre mémorandum en vue des élections de 2014.

Au nom de la FGTB wallonne, Thierry Bodson s'est également réjoui de la nouvelle dynamique enclenchée par le Plan Marshall 2022 : ce plan se situe dans la continuité des précédents, le « saupoudrage » a été évité et on a accordé une vraie place à l'enseignement.

Dans ce cadre, la FGTB wallonne revendique la régionalisation du pouvoir organisateur du réseau d'enseignement secondaire de la Communauté française. Cette compétence serait attribuée à la Région wallonne (et à la Cocof pour la Région bruxelloise), ce qui éviterait ainsi qu'une entité, la Communauté française, soit à la fois juge et partie.

Cependant, des améliorations restent à apporter au Plan Marshall 2022. Celui-ci n'est pas budgétisé, il manque un lien entre "long-terme" et réalité socio-économique actuelle ainsi qu'un lien avec les futurs transferts de compétences prévus pour 2015 et, enfin, le rôle des interlocuteurs sociaux et l'importance de la concertation sociale ne sont pas assez pris en compte.

Il est donc urgent de définir des priorités et, également, de détermine la manière dont les nouvelles compétences régionales – parmi lesquelles des matières aussi importantes que les allocations familiales, les réductions ONSS « groupes-cibles », les soins de santé... - seront réceptionnées et gérées demain en Wallonie. Quelle politique dans ces domaines ? Comment faire de ces domaines des enjeux de développement socio-économique, de création d'emplois et de bien-être en Wallonie ?

Enfin, la FGTB wallonne insiste pour que le gouvernement wallon intègre la culture de la concertation sociale à l'instar de ce qui se fait au fédéral. Les interlocuteurs wallons ne doivent plus seulement être des acteurs que le gouvernement consulte. Ils doivent être considérés comme de véritables acteurs de la concertation sociale dans toutes les matières régionales (actuelles et futures).