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Sans-papiers grévistes de la faim : une solution maintenant !

51 jours… Cela fait 51 jours que 450 sans-papiers sont en grève de la faim. Chaque jour qui passe est désormais synonyme de sursis pour ces femmes et ces hommes en détresse extrême...

Face à cette urgence humanitaire, les initiatives de soutien se multiplient. Tout comme les tentatives de trouver une solution à une situation inhumaine et indigne d’un Etat de droit.

Manifestations de soutien, appels à la solidarité, pressions sur le politique, expressions publiques réunissant de très nombreuses personnalités et organisations... Toutes les voies sont explorées pour trouver une issue positive pour nos Camarades de combat.

Bien qu’une des clés se trouve au niveau fédéral – l’octroi final du permis unique ouvrant la régularisation est dans les mains du secrétaire d’Etat Sammy Mahdi (CD&V) –, les Régions ont également un rôle à jouer.

En effet, ce sont elles qui doivent lever deux conditions préalables pour enclencher le feu vert du fédéral :

  1. ouvrir la liste des métiers en pénurie aux travailleur.euse.s sans papiers ;
  2. permettre aux travailleur.euse.s sans papiers de pouvoir introduire une demande même s’ils sont déjà sur le territoire – la procédure actuelle les obligeant à le faire depuis leur pays d’origine, ce qui est souvent impossible.

Au niveau wallon, ce lundi, les interlocuteurs sociaux, représentés au Conseil économique, social et environnemental de Wallonie (CESE) ont décidé de lancer un signal fort en appuyant la demande de la ministre de l’Emploi Christie Morreale de lever ces deux conditions de régularisation.

En posant ce geste fort, syndicats, employeurs et environnementalistes wallons permettent à la Région d’envoyer un appel clair au gouvernement fédéral.

L’approche « utilitariste » n’est pas la voie privilégiée pour la FGTB wallonne, nous continuerons à revendiquer une régularisation collective, basée sur des critères clairs et une commission indépendante et permanente d'analyse des demandes.

Mais, dans la situation qui nous préoccupe actuellement, cette piste permet d’utiliser la voie économique pour répondre à l’urgence sociale.

Il était important de mettre une pression maximale sur le pouvoir politique et d’amener le banc patronal à poser un geste important en dérogeant à la règle qui empêche les sans-papiers, déjà présents en Belgique, d’être régularisés.

Nos Camarades bruxellois avaient ouvert la voie en envoyant le même signal fin de la semaine dernière.

Malgré les difficultés au sein de la coalition gouvernementale fédérale, le parti socialiste s’est enfin exprimé en appelant à trouver, dans les plus brefs délais, une solution, même provisoire, pour offrir une issue de secours à des femmes et des hommes en danger de mort.

La FGTB wallonne demande que les autres partis de la coalition appuient cette demande et donnent enfin, n’en déplaise à Monsieur Mahdi, de l’espoir aux sans-papiers.