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Mémorandum 2014

 
541 jours sans gouvernement… Voilà comment avait commencé la dernière législature fédérale. Une crise politique inédite superposée à une crise économique profonde dont les travailleurs sont les premières victimes.

 

Après 27 mois d’activité, l’analyse du bilan du gouvernement fédéral nous oblige à dresser 4 critiques négatives majeures :
¤    Le blocage des salaires 2013-2014 et la confiscation implicite de la liberté de négociation.
¤    La réforme de l’assurance chômage sous tous ses aspects.
¤    Le vote du Traité budgétaire européen (TSCG) sans le moindre débat public.
¤    L’absence de réforme fiscale.

 

Aucune économie ne peut bâtir sa prospérité en appauvrissant sa population. C’est pourtant le virage que prend à toute vitesse la gouvernance économique européenne. Le TSCG confisque aux parlements leur capacité à définir les budgets nationaux. Pire, il impose à chaque Etat membre, chaque région, chaque commune d’Europe, une politique budgétaire marquée par l’austérité permanente.
Dans un contexte de faible croissance, réduire la dette publique belge à 60% du PIB d’ici 2035, obligerait à dégager un surplus primaire de l’ordre de 10 milliards d’euros par an. Suicidaire ! Ce Traité sera suivi d’ici peu par un Traité transatlantique dont les négociations discrètes consacrent la primauté du droit des multinationales sur celui des Etats. La démocratie régresse… Tous les ingrédients sont réunis pour que fermentent l’intolérance, le nationalisme et les idées d’extrême droite.

 

La 6ème réforme de l’Etat figure parmi les engagements les plus importants de la déclaration de politique fédérale de 2011. La FGTB wallonne a été un des premiers acteurs à se positionner de manière précise sur les transferts de nouvelles compétences. Y voyant des opportunités pour la Wallonie mais aussi des dangers, notamment lorsque les transferts mettent en péril la sécurité sociale fédérale.

 

Malgré le défi budgétaire que ces nouveaux leviers politiques représentent, nous y voyons une occasion d’améliorer le « mieux vivre ensemble ». Mais la situation socio-économique de la Wallonie reste préoccupante et la course contre la montre a commencé.
Nous avons 10 ans pour réussir le redressement socio-économique de notre Région. Passé ce délai, la solidarité entre les Régions de ce pays se réduira fortement, conséquence directe de la nouvelle loi spéciale de financement. Les défis socio-économiques qui nous attendent portent sur de nombreuses matières : l’emploi (rare et de plus en plus précaire) mais également l’accès au logement, à l’énergie, à l’enseignement, à la culture, aux soins de santé, à l’accueil de l’enfance, à l’accès aux maisons de repos…
Nous n’avons plus le luxe d’attendre. Toutes les pistes doivent être étudiées : l’appel à l’épargne pour financer l’économie ; la priorité aux entreprises wallonnes dans les marchés publics ; la lutte contre le dumping ; la mise en application d’un décret « appropriation » ; l’investissement dans le secteur de la construction et du logement wallon ; l’intégration des activités liées au vieillissement de la population en tant que secteur porteur socialement et économiquement…

 

Le service public est une plus-value formidable dans une société. Il est garant d’une égalité entre les citoyens de tous les milieux sociaux et génère une activité économique considérable. C’est un patrimoine commun qui n’a pas de prix et qui perd de la valeur au contact de la gestion privée. Nous demandons au gouvernement wallon de ne pas céder aux sirènes de la marchandisation. Dans des domaines tels que l’accueil de l’enfance et des personnes, les soins aux personnes âgées, l’énergie, les transports, le logement, le pouvoir public doit rester un acteur de premier plan.

 

La FGTB wallonne est prête à prendre ses responsabilités. La concertation sociale wallonne (entre représentants syndicaux, patronaux et gouvernementaux) doit s’approfondir pour qu’émergent les choix cruciaux qui dessineront la Wallonie de demain.

 

Vous trouverez dans ce mémorandum, nos priorités pour la Wallonie, mais aussi nos revendications sur les plans fédéral et européen, deux niveaux de pouvoir dont les politiques façonnent également la réalité régionale.